Mbappé N’est Pas Arabe : L’Héritage Kabyle que Sa Mère n’a Jamais Caché

Fayza Lamari s’est exprimée publiquement, en langue kabyle, sur les racines amazighes qu’elle transmet à ses fils. La distinction importe — culturellement, historiquement, et pour comprendre qui est vraiment Mbappé.


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Héritage kabyle maternel de MbappéLocuteurs kabyles dans le monde (est.)Présence amazighe en Afrique du Nord

La question ressurgit chaque fois que Mbappé marque un but avec la France et que le débat sur les drapeaux s’embrase en ligne : est-il arabe ? La réponse courte est non — du moins du côté de sa mère, qui est le côté algérien. Fayza Lamari est kabyle. Sa famille est originaire de Feraoun, dans la wilaya de Béjaïa, au cœur de la Grande Kabylie. C’est une distinction qu’elle a formulée publiquement, de façon répétée et sans ambiguïté.

En avril 2023, dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, Fayza Lamari a abordé la transmission des valeurs kabyles à ses enfants : « Il y a le côté algérien kabyle qui ressort déjà. C’est du quotidien. » La remarque n’était pas anodine. C’est le type de déclaration qui structure toute une éducation.

Née à Bondy, en Seine-Saint-Denis, de parents originaires de Feraoun — Mohand Saïd Lamari et Saliha Aït-Abbas — Fayza n’a jamais perdu son accent kabyle, malgré une vie entière passée en France. En février 2025, lors d’un événement communautaire à Créteil organisé par l’association franco-berbère Azul — qui fêtait ses 30 ans en même temps que le Nouvel An berbère — elle a ouvert son intervention au micro de Berbère Télévision par le salut traditionnel kabyle : « Azul fellawen. » Elle a ajouté : « On essaye de ne pas oublier d’où on vient. »

Ce ne sont pas les gestes de quelqu’un qui performe une identité pour un public. Ce sont les actes d’une femme pour qui la culture kabyle est simplement une réalité vécue.


Qui Sont Réellement les Kabyles

Les Kabyles sont un peuple berbère — amazigh dans leur propre langue — autochtone de la région montagneuse de Kabylie, dans le nord de l’Algérie, à l’est d’Alger. Ils ne sont pas arabes. La distinction est ethnolinguistique, pas une provocation politique.

Les peuples amazighs sont antérieurs de plusieurs millénaires à la conquête arabe de l’Afrique du Nord. Ils ont leur propre langue — le tamazight, dont le kabyle est l’un des principaux dialectes —, leur propre calendrier (le Yennayer, le Nouvel An berbère, tombe en janvier), leurs propres traditions orales et écrites, et une identité culturelle distincte qui a survécu à la romanisation, à l’islamisation et à l’arabisation sans être absorbée par aucune d’elles.

La conquête arabe de l’Afrique du Nord a débuté au VIIe siècle. Elle a apporté l’islam et, au fil des siècles, la langue arabe à une grande partie de la région. En Algérie, l’arabisation s’est considérablement accélérée après l’indépendance en 1962, créant des tensions avec les communautés kabyles qui résistaient à l’effacement de leur langue et de leur identité. Le Printemps berbère de 1980 — un soulèvement culturel centré en Kabylie exigeant la reconnaissance du tamazight — a marqué un tournant dans cette résistance. Le tamazight a finalement été reconnu comme langue nationale en Algérie en 2002, puis comme langue officielle en 2016.

Aujourd’hui, les Kabyles sont entre 6 et 10 millions, concentrés dans les wilayas de Béjaïa, Tizi Ouzou et Bouira, avec une diaspora significative en France — notamment en Île-de-France, où Fayza Lamari est née et a grandi. Ils sont citoyens algériens et en très grande majorité musulmans. Mais ils ne sont pas arabes.

La confusion est compréhensible de l’extérieur : l’Algérie est un pays à majorité arabe, membre de la Ligue arabe, où l’arabe est la langue officielle principale. Mais l’Algérie est aussi un pays où environ un tiers de la population s’identifie comme amazigh à un degré ou un autre — et où l’identité kabyle reste l’une des plus politiquement et culturellement affirmées de tout le Maghreb.


Le Parallèle avec Zidane

Zinédine Zidane et Fayza Lamari sont tous deux nés dans la wilaya de Béjaïa. Ce n’est pas un détail que la communauté kabyle a oublié. Zidane est sans doute la figure d’origine kabyle la plus reconnue mondialement, et le parallèle avec Mbappé — un autre icône du football français aux racines profondes dans la même région — revient constamment dans le discours culturel kabyle.

Zidane et Mbappé portent tous les deux l’héritage amazigh de Béjaïa sur les scènes footballistiques les plus regardées de la planète. Aucun des deux n’en a fait une marque publique. Mais aucun des deux ne l’a nié non plus. Dans le cas de Fayza, c’est l’inverse : elle le transmet activement. Elle a déclaré que la détermination de Kylian — « quand Kylian veut quelque chose, il va le faire » — est directement liée à ses origines kabyles, selon sa propre lecture du caractère de son fils.


L’Algérie, à Distance

Le lien algérien est réel, mais il reste en grande partie théorique pour Kylian lui-même. Mbappé est né et a grandi à Bondy. Il n’a jamais effectué de visite publique en Algérie. Il joue pour la France, pas pour les Fennecs. Les liens émotionnels et familiaux passent par sa mère et sa famille — pas par une relation personnelle avec le sol algérien.

Cela crée une situation commune dans les familles de deuxième et troisième génération de la diaspora : le pays d’origine est présent à travers la nourriture, la langue, les réunions familiales et la transmission culturelle — mais reste géographiquement et politiquement distant pour les enfants. La présence de Fayza Lamari dans une association culturelle kabyle à Créteil en dit plus sur le lien algérien de Mbappé que n’importe quel drapeau agité dans sa direction après un but en Ligue des Champions.

Le public algérien le revendique avec une fierté évidente, et cette fierté n’est pas sans fondement — son lignage passe par Béjaïa. Mais l’affirmation qu’il est arabe, qui accompagne souvent l’identification algérienne, mélit l’identité que sa mère a explicitement décrite. Elle est kabyle. Elle le dit, en kabyle, en public. C’est le seul registre qui vaille.


Ce que Cela Change — et Ce que Cela Ne Change Pas

Rien de la grandeur de Mbappé en tant que footballeur ne dépend de cette clarification. Ses performances au Real Madrid, sa valeur marchande, son bilan en Coupe du Monde — rien de tout cela n’est affecté par la question de savoir si son héritage maternel est kabyle, arabe ou les deux.

Ce que cela affecte, c’est la précision. Dans un environnement médiatique où l’identité de Mbappé est constamment instrumentalisée — par les nationalistes français, par les nationalistes algériens, par le discours panarabiste, par la fierté camerounaise — la base factuelle importe. Son père, Wilfried Mbappé, est camerounais. Sa mère, Fayza Lamari, est algérienne kabyle. Il a grandi à Bondy, en Seine-Saint-Denis, façonné par tout cela.

Il est français. Il est camerounais d’un côté. Il est algérien kabyle de l’autre — amazigh, berbère, des montagnes de Béjaïa. C’est la version exacte. C’est aussi la plus intéressante.


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Victor Blanc

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Victor Blanc

Football Business Correspondent at Mbappé Live. Covers contracts, sponsorships, investment strategy, and the financial architecture behind elite sport.

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